Aperçu du secteur financier

Paysage économique

La Guinée-Bissau est un petit pays lusophone d’Afrique de l’Ouest situé entre la Guinée et le Sénégal, et ayant une façade maritime de 274 km. Son économie est essentiellement axée sur l’agriculture –dont la culture de la noix de cajou– et l’industrie de la pêche. Après une période d’instabilité politique ayant débouché sur l’élection d’un président en 2014, la Guinée-Bissau a progressivement renoué avec les institutions financières internationales comme le Fonds Monétaire International (FMI) pour l’assainissement des principaux indicateurs macroéconomiques et financiers, à travers un programme de réformes. Le pays a également mis en place un Plan Stratégique Opérationnel de Développement (PSOD) pour soutenir la dynamique de croissance économique et impacter positivement les investissements étrangers. Même si le potentiel minier de la Guinée-Bissau reste à explorer, les instances dirigeantes du pays devraient multiplier les efforts pour garantir la stabilité politique afin d’améliorer l’environnement des affaires (Classement Doing Business), réduire la forte dépendance à l’aide extérieure et améliorer significativement les conditions de vie des populations. En effet, plus de 69,3 % de la population vivaient en 2010 en dessous du seuil de pauvreté.

Vue d’ensemble du secteur financier

Après avoir fait son entrée en 1997 dans l’Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA), la Guinée-Bissau partage une monnaie commune, une même banque centrale (BCEAO) et un ensemble de dispositifs juridiques et institutionnels liés aux secteurs financiers avec les pays suivants: Bénin – Burkina Faso – Côte d’Ivoire – Mali – Niger – Sénégal et Togo. Ces institutions financières interagissent dans un cadre harmonisé autour d’instances communautaires assurant la régulation et la supervision du secteur dans son ensemble. La BCEAO assure la réglementation des banques et sa supervision, à travers la commission bancaire de l’UEMOA. Les secteurs de l’assurance et des marchés financiers/boursiers sont respectivement régulés et supervisés par la Conférence Interafricaine des Marchés d’Assurance (CIMA) et le CREPMF (Conseil Régional de l’Epargne Publique et des Marchés Financiers). Enfin, la Conférence Interafricaine de la Prévoyance Sociale (CIPRES) régule et supervise le système de retraite bissau-guinéen depuis son adhésion en décembre 2017. Le secteur financier de la Guinée-Bissau est dans son ensemble dominé par les banques qui en détiennent plus de 90% des actifs et sont au nombre de 5 en 2016, dont 3 banques agréées et 2 succursales bancaires. Par ailleurs, 3 compagnies d’assurance et un institut national de la prévoyance sociale – dédié à la gestion des retraites - constituent les autres acteurs principaux du système financier national. A la fin de 2012, 5 institutions de microfinance (IMF) détenaient des agréments des autorités locales sous la supervision d’une cellule dédiée du ministère des finances. En 2016, 18 IMF sont fonctionnelles, cependant aucune d’entre elles ne respectent les modalités d’exercice fixées par la BCEAO.

Secteur bancaire

Bien qu’étant le principal pourvoyeur de financements dans l’économie nationale, le secteur bancaire bissau-guinéen s’avère marginal par rapport au marché de l’UEMOA: il ne représente que 0,7% du total des actifs bancaires dans la sous-région. 5 groupes bancaires se partagent le marché, dont Ecobank – Banco Da Africa Occidental (BAO) – Banco Da Uniao (BDU) et les succursales bancaires d’Orabank et de la Banque Atlantique (Côte d’Ivoire) avec un volume total d’actifs s’élevant respectivement à 75,3 – 74,5 – 47,5 et 43,5 milliards de F CFA en 2016 ; d’où un total bilan de 240,8 milliards de F CFA représentant 33 % du PIB de la même année. Les crédits octroyés ont oscillé entre 34,4 milliards de F CFA en 2011 à 56,8 milliards de F CFA en 2016, tout en atteignant 44,7 milliards de F CFA en 2014. L’encours des crédits à l’économie en 2016 représente 16,2% du PIB en 2016, tandis que la majeure partie des crédits a été orientée vers les besoins de trésorerie des entreprises du secteur productif privé, ainsi qu’aux particuliers dans une moindre mesure. Quant aux dépôts collectés, ils ont connu une fluctuation plutôt forte entre 2011 et 2016, passant de 14 à 67,4 milliards de F CFA entre 2011 et 2012, et à 47,9 et 38,7 milliards de F CFA respectivement en 2014 et 2016. Cette évolution irrégulière des dépôts collectés par les banques influence leurs capacités à soutenir efficacement l’économie en octroyant un niveau régulier et significatif de crédits à l’économie au fil des années.

Quant aux taux débiteurs, la Guinée Bissau et le Niger affichent des taux relativement plus élevés que la moyenne de l’UEMOA. Ce taux s’élève à 9,42% en moyenne en Guinée Bissau en 2016, alors que la moyenne de l’UEMOA a baissé de 7,26% en 2014 à 6,93% en 2016. Les taux créditeurs des banques bissau-guinéennes sont également en moyenne les plus faibles de l’union et ils ont tendanciellement baissé entre 2013 et 2016, passant de 4,71 à 4,24%. Il en ressort que la Guinée-Bissau dans l’UEMOA est le pays le moins favorable à l’accès aux crédits à l’économie, dans la mesure où les taux débiteurs et créditeurs sont respectivement parmi les plus élevés – décourageant donc la demande de crédits – et les moins attrayants vis-à-vis de l’attrait des dépôts en particulier. Concernant les risques encourus par les banques en Guinée-Bissau, le ratio moyen de couverture des risques s’élève à 20,3% et s’avère plutôt satisfaisant en 2016 par rapport à la moyenne régionale (11,3%). On peut en déduire que les banques locales y ont une perception plus élevée du risque encouru dans leurs activités.

Inclusion financière

L’inclusion financière en Guinée-Bissau est historiquement stimulée par les Institutions de Microfinance (IMF). Cependant en raison des difficultés rencontrées par ce secteur, le mobile money présente un potentiel plus important en termes de facilitation de l’accès aux services financiers dans le pays.

Secteur de la microfinance

La Guinée-Bissau compte 18 IMF collectant des dépôts et octroyant simultanément des microcrédits. Le ratio des prêts octroyés par ces IMF sur les dépôts collectés s’élève à 40,3% en 2016 ; il s’avère largement plus faible que le même ratio (1,47) pour les banques en 2016. Notons également que le taux de créances irrécouvrables était plutôt élevé dans le secteur de la microfinance bissau-guinéenne, soit plus de 50% en 2012. Ce secteur reste tout de même marginal par rapport au secteur bancaire, en termes de volumes d’actifs gérés : en 2016, le portefeuille de crédits des IMF était largement en dessous de 0,1% du portefeuille de crédit des banques. Il faut également souligner que d’importants efforts de réforme et de consolidation du secteur doivent être faits par les autorités gouvernementales, dans la mesure où aucune IMF locale ne respecte les modalités d’exercice définies par la BCEAO dans le cadre de la loi régionale sur la microfinance.

Finance numérique

Le mobile money y est encore à un stade embryonnaire mais jouit d’un potentiel encourageant les transactions en 2016 représentent moins d’1% du PIB –. Sur une population totale d’environ 1,8 million d’habitants, on compte plus de 246 551 comptes de mobile money créés en 2016; cependant seulement 10,4% de ces comptes sont actifs. La disponibilité des Guichets automatiques bancaires (GAB) est également très faible et limitée à la capitale Bissau : environ 5 GAB sont disponibles pour 100 000 habitants. Quant aux agents fournissant des services de mobile money, on en dénombre 330 en 2016, contre 448 en 2015. Les technologies de l’information et de la communication (TIC) se présentent comme des canaux de commercialisation efficients en termes de coûts pour les prestataires de services financiers en Guinée-Bissau, à condition que les initiatives en faveur du taux d’alphabétisation et de la pénétration de la téléphonie mobile – voire des infrastructures liées aux TIC – soient engagées de manière durable par les autorités gouvernementales en vue d’y attirer les investissements privés.

Secteur de l’assurance

Le secteur de l’assurance en Guinée-Bissau est régulé par la CIMA (Conférence Interafricaine des marchés d’assurance) depuis l’adhésion du pays en 2002 à cette organisation regroupant essentiellement des pays-membres francophones d’Afrique. La supervision du secteur est assurée par la Commission Régionale du Contrôle des Assurances (CRCA) qui est un organe de la CIMA. Le secteur est constitué de 3 compagnies privées d’assurance en 2012 qui détiennent une part plutôt marginale du total des actifs du secteur financier : moins de 5% des actifs.

Marché de capitaux

Les institutions financières de la Guinée-Bissau ont en principe accès à la BRVM (bourse régionale) qui y détient une antenne nationale. Cependant aucune institution financière locale ou société de gestion n’y est vraiment active. Le pays participe à l’émission de bons de trésor par le biais de l’agence régionale UMOA-Titres.

Financement de l’habitat

Le financement du secteur immobilier est lui aussi contraint par les capacités limitées du secteur bancaire local à se projeter à moyen et long terme. En effet, les banques bissau-guinéennes prêtent essentiellement à quelques secteurs dont le commerce et la fabrication, alors que les prêts hypothécaires sont restreints aux ménages à revenu intermédiaire et aux demandeurs ayant une garantie d’emploi de 10 ans, équivalant à la durée-standard d’un prêt hypothécaire. En 2015, les taux d’intérêt des prêts hypothécaires variaient entre 9 et 11%. Des projets d’extension de ces prêts pour d’autres segments de la population sont envisagés par certaines banques, toutefois l’instabilité politique chronique est un obstacle majeur au développement des prêts à long-terme dont ceux de l’immobilier résidentiel.

Système de prévoyance sociale

Le système des retraites est exclusivement géré par un institut national de la prévoyance sociale qui est engagé dans un programme de réformes avec des partenaires internationaux comme le Bureau International du Travail (BIT), en vue d’améliorer sa gouvernance financière et institutionnelle. En 2017, 6,2% de la population ayant au-delà de l’âge de la retraite bénéficient d’une pension, tandis que seulement 0,5% de la population active contribue à un régime de retraite ; d’où l’importance des défis à moyen et long terme en matière de régimes de retraites et de couverture sociale des personnes âgées.

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Source

En bref

Population (2017): 1 861 280
PIB par habitant (USD courant) - 2017 - (Moyenne mondiale:10 721,61): 723,61
Population détenant un compte dans une institution financière (%) (age: 15+) - (2014 vs 2017): n/a
Crédit dédié à l'agriculture (Agriculture, foresterie et pêche) / Part de l'agriculture dans le PIB (2015): 0,00
Stratégies d'inclusion financière: La Stratégie régionale d’inclusion financière dans l’UEMOA (published 2016)
Crédit domestique fourni par le secteur financier (% du PIB) - 2017: 20.92
Paiements numériques effectués ou reçus au cours de l'année précédente (% age 15+) (2014 vs 2017): n/a
Transferts d'argent reçus en % du PIB - 2017: 0.076
Taux d'intérêt hypothécaire / Durée du prêt hypothécaire (années): 11% | 15 ans

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