Aperçu du secteur financier

Paysage économique

Le taux de croissance économique réalisé par l’Éthiopie s’est maintenu à un niveau relativement élevé au cours de la dernière décennie. Son Produit Intérieur Brut (PIB) réel a crû au rythme de 10,1% par an entre 2010 et 2017 : il s’agit de l’un des taux les plus élevés en Afrique. Des progrès significatifs ont été obtenus dans la réduction de la pauvreté qui touche toutefois plus du quart de la population (27,3% en 2015 contre 33,5% en 2010). À travers un modèle de développement essentiellement basé sur la demande intérieure et plus particulièrement l’investissement public, l’Éthiopie a pu réaliser des avancées notables dans les domaines des infrastructures, de la production d'énergie, des transports, de la santé et de l'éducation. Cependant, la forte croissance économique réalisée par l’Éthiopie ne s’est pas accompagnée d’une véritable transformation structurelle. La contribution du secteur manufacturier au PIB demeure relativement faible (6,4% du PIB) comparée à celle du secteur agricole (36,3% du PIB). En outre, le potentiel du secteur privé n’est pas suffisamment exploité, en raison des contraintes liées à l’environnement des affaires et aux distorsions qui en résultent. Selon le classement Doing Business de la Banque mondiale, l’Éthiopie est classée 159ème sur 190 pays, soit une perte de 55 places depuis 2010. Le classement sur la compétitivité dans le monde réalisé par le Forum économique mondial octroie à l’Éthiopie la 122ème place sur 140 économies. Les réformes récemment mises en œuvre ont permis de stabiliser le climat sociopolitique même si la situation sécuritaire dans certaines régions de l’Éthiopie reste volatile. Les sécheresses fréquentes dues aux changements climatiques ont eu, par ailleurs, des conséquences fiscales et humanitaires majeures. Le gouvernement suit son deuxième plan de transformation de la croissance visant la réalisation des objectifs de développement durable et le statut de pays à revenu intermédiaire d’ici 2025.

Vue d’ensemble du secteur financier

Le paysage financier de l’Éthiopie comprend 18 institutions bancaires dont 16 banques privées et 2 banques publiques. Le nombre total d’agences bancaires s’élevait à 4757, dont plus du tiers (35,3%) établies dans la capitale Addis Abeba. Le pays compte 37 institutions de microfinance (IMF), 17 compagnies d’assurance, dont 16 à actionnariat privé, et 532 agences. La Banque de Développement d'Éthiopie (DBE), une banque de développement, n’ayant pas le statut d’institution de dépôt, est établie dans le pays avec 107 agences.

En octobre 2017, la Banque centrale d'Éthiopie a dévalué la monnaie locale, le birr (ETB), de 15% par rapport au dollar américain, en vue de réduire sa surévaluation et améliorer la compétitivité de l’économie. La Banque centrale et le centre de renseignement financier progressent dans le renforcement du cadre de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Un plan d’actions convenu avec le groupe d'action financière sur le blanchiment d'argent (GAFI) est mis en œuvre. Le secteur financier reste peu profond et réservé aux investisseurs locaux. C’est le cas du secteur bancaire qui demeure fermé aux groupes étrangers.

Secteur bancaire

Structure du marché bancaire - La concentration du secteur bancaire demeure relativement importante. La plus grande banque commerciale, détenue par l’État, représente environ 70% du total des actifs. La répartition géographique des agences bancaires est inégale, plus du tiers d’entre elles étant situées à Addis-Abeba. Les fonds propres du secteur ont atteint 85,8 milliards ETB en 2019, soit 3 milliards USD, dont 60,1% détenus par les banques publiques. Les dépôts et crédits ont représenté 40,4% et 21,8% du PIB au cours de l’année fiscale 2017/18.

Structure des crédits et dépôts du secteur bancaire – Les prêts et avances à la clientèle augmentent chaque année et se sont chiffrés à 394,56 milliards ETB (13,7 milliards USD) en 2017/18. Malgré les progrès enregistrés par les banques privées, les banques publiques continuent de dominer le crédit avec 53,8% de part de marché. Les financements sont en grande partie alloués au secteur industriel qui a représenté, en moyenne sur les 3 dernières années, 40% des crédits octroyés devant le commerce extérieur (19%), les activités commerciales intérieures (12%) et le logement (11%). À la faveur de l’expansion des agences bancaires, les dépôts, majoritairement constitués de l’épargne, se sont accrus pour s’établir à 730,26 milliards ETB (25,3 milliards USD).

Taux d’intérêt créditeurs et débiteurs – La rémunération moyenne de l’épargne s’élève à 8% et le taux d'intérêt moyen débiteur a atteint 13,5%, après s’être maintenu à 11,88% jusqu’en 2014/15. Les taux d’intérêt moyens pondérés sur les dépôts à terme se sont situés à 8,09%.

Solidité financière du secteur bancaire - Les autorités éthiopiennes ont choisi de ne pas adopter systématiquement les accords de Bâle II et III, la banque centrale ayant plutôt mis en place des instruments adaptés au contexte du pays. Les banques éthiopiennes sont restées, pour la plupart, bien capitalisées et liquides. Le ratio d’adéquation du capital du secteur s’est maintenu à un niveau supérieur au minimum réglementaire de 8%. Le ratio de liquidité est également resté conforme à la norme minimale de 15%. La rentabilité bancaire est demeurée positive, en dépit de la tendance à la baisse. La qualité des actifs a été globalement préservée, le ratio des prêts non performants se maintenant en dessous du plafond statutaire de 5%. La qualité des actifs de la DBE s’est par contre progressivement détériorée. Son ratio des créances douteuses s’est établi à 39% en 2017/18, bien au-dessus du seuil maximal de 15% fixé par les autorités de contrôle pour les institutions de financement du développement. Les raisons de cette situation portent notamment sur la faible productivité dans les projets agricoles, les troubles politiques dans certaines régions du pays et la faible compétitivité internationale des projets textiles dans lesquels la banque est exposée. Bien que la DBE ne soit pas une institution de dépôt (et donc exclue du système bancaire commercial), le niveau élevé de créances non-performantes constitue une menace pour le secteur financier et un passif fiscal important pour l’Etat. Des stratégies d'assainissement sont envisagées par les autorités qui ont entrepris une évaluation financière de cette banque.

Inclusion financière

Le pays s’est doté en 2017 d’une Stratégie nationale d’inclusion financière (NIFS). Selon les autorités, la NIFS pourra contribuer à combler les insuffisances de l’offre de crédit et, par ricochet, promouvoir des investissements susceptibles de créer des emplois en vue de la réduction de la pauvreté. Selon Global Findex, l’inclusion financière a connu des améliorations substantielles entre 2014 et 2017. La proportion des adultes disposant d’un compte a connu une hausse de 59,6% par rapport à 2014, et s’est établie à 34,8% en 2017, un niveau toutefois inférieur à la moyenne de l’Afrique subsaharienne (42,6%). Plusieurs facteurs ont contribué à l’amélioration de l’inclusion financière en Éthiopie : Le secteur financier s'est considérablement développé et le pays a fait d’énormes progrès dans la mise en place d’un secteur financier inclusif et moderne : Les banques ont rapidement développé leurs agences qui ont plus que sextuplé entre 2010 et 2018, passant de 681 à 4 757. En mars 2016, le secteur comptait 18 000 coopératives d'épargne et de crédit réparties dans tout le pays, principalement dans les zones rurales. En outre, 30,7 millions de comptes de transactions étaient enregistrés, soit 19,3 millions de comptes bancaires et 11,4 millions de comptes d’IMF, donnant un ratio de 68 comptes de transactions pour 100 adultes. Certaines des initiatives mises en œuvre ont porté sur l’accès des bureaux de référence du crédit aux institutions de microfinance et la mise en place d’un cadre de protection des consommateurs de produits financiers. Très peu de progrès ont été cependant réalisés en matière de mobile money. 0,3% des adultes disposent d’un compte auprès des opérateurs de services financiers mobiles, un niveau bien inférieur à la moyenne africaine (20,9%).

La résorption de certaines barrières pourrait améliorer davantage l’inclusion financière, notamment l’interventionnisme dans l’attribution de crédits. C’est le cas également de l’obligation qui pèse sur les banques privées d'investir 27% de leurs nouveaux prêts en titres de la banque centrale, afin de soutenir la Banque de développement dans le financement des secteurs prioritaires. Ces obligations de la banque centrale représentent 30 à 40% de l’encours des prêts des banques commerciales. L’offre de produits financiers reste encore limitée et les procédures pour la mise en place de garantie sont coûteuses et fastidieuses, entravant ainsi le développement du crédit. En outre, la forte concentration urbaine des agences bancaires et d’assurance induit une mauvaise desserte des zones rurales. Malgré leur apparition, les services financiers numériques demeurent encore marginaux, vu la prépondérance des supports physiques inhérents aux instruments de paiement (chèques, ordres de paiement, etc.). Enfin, la culture informelle de l’épargne encore prédominante demeure inexploitée par les institutions financières qui évoluent, quant à elles, dans un environnement infrastructurel sous développé.

Secteur de la microfinance

37 institutions de microfinance (IMF) opèrent dans le pays. L’épargne mobilisée par le secteur au 30 juin 2018 a atteint 33,2 milliards ETB (1,2 milliards USD), soit une hausse d’environ 26,2% sur une année. L’encours total des crédits a également augmenté de 38,9%, pour s’établir à environ 45 milliards ETB (1,6 milliards USD), suggérant le rôle croissant de ces institutions dans la réduction de la pauvreté et la création de richesse parmi les groupes à faibles revenus. Le total des actifs a également augmenté de 35,7% pour atteindre 67,3 milliards ETB (2,3 milliards USD). Depuis 2003, le portefeuille total de prêts des IMF n’a cessé de croître et le nombre d'emprunteurs a été multiplié par 3. Cependant, le taux de pénétration des IMF reste encore faible, moins de 4% de la population étant desservie. Les IMF sont confrontées à un certain nombre de défis dont, entre autres, leur faible efficacité opérationnelle, l’absence de ressources longues pour le financement des petites entreprises et les limites caractérisant leurs systèmes de gestion et d’information.

Système de paiement et Finance numérique

Le système national de paiement éthiopien permet l’utilisation, par les banques commerciales, de solutions bancaires centralisées et électroniques leur permettant d’interagir avec la banque centrale. Le système de transfert automatisé éthiopien (EATS) lancé en mai 2011 comprend un système de règlement brut en temps réel (RTGS) et une chambre de compensation automatisée (ACH). Le secteur des télécommunications compte un seul opérateur, Ethio Telecom, une entreprise publique, exerçant une couverture réseau de 85% pour la 2G/3G et de 15% pour la 4G.

En 2016, le taux de pénétration mobile s’établissait à 33% de la population. Les principaux opérateurs du secteur du mobile money sont les compagnies M-Birr et HelloCash. Des mutations rapides s’opèrent sur ce segment. C’est notamment le cas avec le lancement de l’offre mobile (CBE Birr) par la plus grande banque publique en décembre 2017. On note également l’acquisition par une société de technologie locale (Kifiya) d’une IMF afin d’offrir des services numériques intégrés, tels que les paiements G2P/P2G[1] et une assurance indexée à des produits agricoles. Les banques et les institutions de microfinance emploient des agents contractuels habilités à ouvrir des comptes et à mener des procédures électroniques de KYC (Know Your Customer).

En dépit du dynamisme des services financiers numériques en Éthiopie, des obstacles persistent, notamment les plafonds réglementaires imposés aux transactions quotidiennes (6 000 ETB, soit 208,2 USD) et aux soldes des comptes bancaires mobiles (25 000 ETB, soit 867,6 USD). En outre, l’interdiction des transferts de fonds internationaux directement sur des comptes mobiles ou d’IMF et le monopole maintenu par Ethio Telecom dans le secteur de la télécommunication freinent l’innovation et limitent la portée des services proposés.

Financement des PME

La majorité des Petites et Moyennes Entreprises (PME) et des grandes entreprises ont accès aux services financiers classiques pour la gestion de leur liquidité. Cependant, l’accès au crédit est plus limité, particulièrement pour les PME. Seulement 30% d’entre elles y ont accès, contre 68% pour les grandes entreprises. De façon générale, les grandes entreprises ont une meilleure probabilité de bénéficier des prêts, lignes de crédit ou facilités de découverts que les micros, petites et moyennes entreprises (MPME). Ces dernières sont également plus susceptibles d’éviter toute demande de prêt en raison des exigences élevées en matière de garantie. En Éthiopie, l’accès au financement serait perçu comme une difficulté majeure de l’environnement des affaires. Les IMF se présentent comme une option viable au financement des PME, au regard de l'environnement juridique et réglementaire propice. C’est particulièrement le cas de la proclamation n0 626/2009 donnant la possibilité aux IMF de se transformer en banque ou en toute autre institution financière leur permettant de fournir des services financiers aux PME. Le cadre réglementaire relatif à la taille maximale des prêts a été assoupli afin de faciliter l’octroi de prêts aux PME. Le crédit-bail, activement promu par les autorités éthiopiennes, est encore à ses débuts.

Secteur des assurances

Le secteur compte 17 compagnies d’assurance, 54 courtiers en assurance et 1 438 agents. Le nombre d’agences a atteint 532, soit un doublement depuis 2010. Les capitaux propres des sociétés d’assurance ont augmenté de 26,4% pour atteindre 5,5 milliards ETB (190,7 millions USD) et le total des actifs du secteur s’établissait à 13,6 milliards ETB (472 millions USD) en 2017. Les primes brutes souscrites avoisinent 7,5 milliards ETB (260,3 millions USD) dont 95% soit 7,1 milliards (246,4 millions USD) pour l’assurance non-vie et 5% soit 0,4 milliards (13,9 millions USD) pour l’assurance vie. Le taux de pénétration de l’assurance demeure encore faible en Éthiopie, autour de 0,4%. L'assurance de détail est dominée par l'assurance automobile obligatoire et les liens potentiels avec les mécanismes informels d’assurance ne sont pas encore explorés. La culture informelle de l'assurance est fortement présente en Éthiopie, notamment l’assurance communautaire maladie ou obsèques. La micro-assurance pourrait potentiellement améliorer l'accès à l'assurance et mieux répondre aux besoins de divers segments de clientèle. Sa mise en œuvre est cependant ralentie par plusieurs facteurs dont, entre autres, l'absence de canaux de distribution rentables, la lourdeur des procédures de réclamation, ainsi qu’un faible niveau de sensibilisation. En outre l’innovation est limitée par l’absence d’ouverture caractérisant le secteur, les assureurs internationaux n’étant pas autorisés à exercer leurs activités en Éthiopie.

Marché de capitaux

Le marché financier est très embryonnaire et concerne principalement les bons du Trésor et les obligations d'État. Les bons du Trésor sont les principaux instruments financiers négociés sur le marché primaire. Les obligations d'État sont parfois émises pour financer des opérations budgétaires et/ou absorber les liquidités excédentaires du système bancaire. Le montant des bons du Trésor offert a atteint 210,4 milliards ETB (7,3 milliards USD) en fin juin 2017, tandis que celui des bons du Trésor demandé sur le marché des enchères hebdomadaires s'est établi à 225,3 milliards ETB (7,8 milliards USD). Les échéances des bons du Trésor sont passées de 28 à 365 jours. L'encours total des bons du Trésor a atteint 73,3 milliards ETB (2,5 milliards USD) à fin juin 2017. Les participants au marché des bons du Trésor sont des institutions financières et des établissements publics non bancaires. Le rendement moyen pondéré est en baisse et proche de 1,4% en 2016/17.

Le marché des actions est encore inexistant mais le pays dispose d’une bourse des matières premières, créée en 2008. Celle-ci fonctionne suivant un système d’enchères publiques et compte 346 membres, dont 33 coopératives agricoles. La bourse des matières premières connecte environ 3,5 millions de petits agriculteurs éthiopiens aux marchés. Depuis son lancement, ce sont plus de 3,9 millions de tonnes de produits agricoles qui ont été échangés.  

Le classement annuel relatif à l’indice de développement du marché obligataire africain et publié par l’Initiative des Marchés Financiers Africains (AFMI), une initiative de la Banque Africaine de Développement, place l’Éthiopie à la 39ème place en 2017 (40ème en 2016). La Proclamation sur l'investissement de 2012 et le Code des investissements (plusieurs fois révisé) constituent l’essentiel du cadre réglementaire relatif à l’investissement. Un contrôle strict des mouvements des devises étrangères est exercé par la Banque centrale.

Sécurité sociale

La protection sociale en Éthiopie est composée de deux régimes de retraite : celui des fonctionnaires dont les employés des entreprises publiques, les agents des forces armées et de la police ; et celui des employés du secteur privé. L’âge de la retraite pour les fonctionnaires et les employés du secteur privé est de 60 ans tandis qu’il est de 55 ans pour les militaires. La pension peut être ajustée tous les 5 ans en raison d’une indexation sur l'inflation. Les taux de cotisation sont de 7% (secteurs public et privé) du salaire de base, et vont jusqu’à 18% du revenu déclaré pour les travailleurs indépendants. En 2016, la population couverte se chiffrait à 3 millions d’employés dont 1,3 millions de fonctionnaires et 1,7 millions d’employés du secteur privé. La générosité du système et la diversification du portefeuille de placement, actuellement limitée par la loi sur les bons du Trésor, ont suscité des inquiétudes sur la viabilité financière du système national de retraite.

 

[1] Paiements effectués par le gouvernement aux personnes (G2P, Government to persons) et vice versa.

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Source

En bref

Population (2017): 104 957 438
PIB par habitant (USD courant) - 2017 - (Moyenne mondiale:10 721,61): 767,56
PIB par habitant (USD courant) - 2017 - (Moyenne mondiale:10 721,61): 22% | 35%
Crédit dédié à l'agriculture (Agriculture, foresterie et pêche) / Part de l'agriculture dans le PIB (2015): 0,22 | 0,21
Stratégies d'inclusion financière: National Financial Inclusion Strategy 2014-2020
Crédit domestique fourni par le secteur financier (% du PIB) - 2017: n/a
Paiements numériques effectués ou reçus au cours de l'année précédente (% age 15+) (2014 vs 2017): 5% | 12%
Transferts d'argent reçus en % du PIB - 2017: 0,01
Taux d'intérêt hypothécaire / Durée du prêt hypothécaire (années): 16% | 15 ans

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