Aperçu du secteur financier

Paysage économique

L’Érythrée est sortie de 20 ans de conflit avec l’Éthiopie et d’une décennie de sanctions imposées par la communauté internationale. Le pays a obtenu son indépendance officielle de l’Éthiopie en 1993, et malgré les progrès récents, il reste l’un des pays les moins avancés de la planète. La pauvreté reste importante dans le pays où 65 % de la population vit dans les zones rurales et 80 % dépend de l’agriculture vivrière pour sa subsistance. L’Érythrée a fait face à de nombreux défis, notamment le manque de ressources financières et la sécheresse chronique, qui ont été aggravés par des politiques économiques restrictives. En dehors de l’exploitation minière, la croissance économique de l’Érythrée repose presque entièrement sur l’agriculture. Le commerce et les transports jouent également un rôle central dans l’économie, et le port de Massawa constitue un accès maritime stratégique pour l’Éthiopie qui est enclavée. L’Investissement Direct Étranger (IDE) est majoritairement dominé par le secteur minier, qui représentait 96 % du total des IDE en 2017. La production de cuivre, de potasse et d’or est également susceptible de stimuler la croissance économique et les recettes de l’État dans les années à venir. La plupart des moyennes et grandes entreprises d’Érythrée sont contrôlées par l’État ou le parti au pouvoir. Le gouvernement envoie toutefois des signaux indiquant qu’il cherche à privatiser certaines entreprises publiques, mais peu de progrès ont été faits jusque-là. Parmi les entreprises publiques destinées à la privatisation, on peut citer les compagnies de téléphone, les hôtels et certaines entités de production et de conditionnement. Environ 58 000 entreprises privées opèrent dans le pays.

Vue d’ensemble du secteur financier

Le secteur financier érythréen est de petite taille, sous-développé et n’offre qu’une gamme limitée de services financiers. Toutes les banques sont contrôlées par le gouvernement, et l’absence de transparence fiscale et juridique constitue un obstacle majeur pour une évaluation efficace du développement du secteur financier domestique. Le gouvernement exerce également un contrôle strict sur l’utilisation des devises étrangères. La nouvelle réglementation adoptée en 2013 visant à assouplir le contrôle des changes a eu peu d’impact sur l’économie. Le gouvernement érythréen a adopté une loi visant à lutter contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme (AML/CFT), en plus des initiatives institutionnelles pour mettre en place une cellule de renseignements financiers, rétablir la confiance dans le système et renforcer les capacités des établissements financiers.

Secteur bancaire

Le système bancaire érythréen a été établi par la Proclamation 32/1993 et modifié plus tard par la Proclamation 93/1997. La législation relative aux bureaux de change est entrée en vigueur en 1998. Il existe 3 banques publiques en Érythrée : la Banque d’Érythrée, la Banque commerciale (Commercial Bank) et la Banque de services commerciaux et de logements (Commercial and Housing Bank). Himbol Financial Services, le dispositif par lequel les devises étrangères sont transférées depuis l’étranger, est également géré par le parti politique unique. Les banques publiques ne publient pas leurs états financiers, aggravant donc la méfiance des populations en un système largement sous contrôle étatique.

Financement numérique

Le secteur des télécommunications érythréen opère dans le cadre du monopole public pour les services fixes et mobiles. En partie en raison de telles restrictions à la concurrence, le marché des télécommunications érythréen est le moins avancé d’Afrique. Le taux de pénétration mobile avoisine seulement 11 % (contre 60 téléphones pour 100 habitants en Éthiopie, l’un des plus faibles d’Afrique), tandis que l’utilisation des lignes Internet fixes est à peine perceptible. Bien que la fourniture de services Internet soit ouverte à la concurrence, seuls 2 % environ des ménages ont accès à l’Internet. Les services de mobile money ne sont pas encore disponibles dans le pays.

Microfinance

Le secteur des institutions de microfinance(IMF) est actif depuis de nombreuses décennies sous ses formes traditionnelles et locales d’épargne par rotation et de clubs de crédit, appelés (ekubs et idirs). Les prêteurs ont également été une source courante de fonds pour les populations rurales, mais à des taux élevés voire prohibitifs, allant de 70% à 600 % d’intérêts par an. Le développement des programmes semi-formels et formels de microfinance est récent. Les deux établissements les plus importants sont le programme d’épargne et de crédit de la zone sud (Southern Zone Saving and Credit Scheme ou SZSCS) et le programme d’épargne et de microcrédit (Saving and Micro Credit Program ou SMCP). Le principal objectif du SZWCS est de permettre aux populations défavorisées d’accéder au crédit. Le programme d’épargne et de microcrédit (SMWP) opère sur l’ensemble du territoire en Érythrée et a été établi en 1996 dans le cadre du Fonds de développement de la communauté érythréenne. Il existe d’autres programmes de microcrédit en Érythrée dirigés par le gouvernement et des Organisations Non Gouvernementales (ONG). Ils restent les principales sources de capitaux externes accessibles aux pauvres et aux micro- et petites entreprises. Ces dernières appartiennent et sont exploitées principalement par des personnes socialement et économiquement défavorisées. La petite taille des prêts, l’absence de garanties reposant sur un actif et la simplicité de fonctionnement sont les trois caractéristiques propres aux services fournies par les IMF érythréennes.

Marchés de capitaux

Il n’existe pas de marchés formels de capitaux et la devise érythréenne (nafka) n’est pas convertible. La propriété et l’investissement étranger sont interdits.

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Source

En bref

Population (2011): 4 474 690
PIB par habitant (USD courant) - 2017 - (Moyenne mondiale:10 721,61): 582,8
Population détenant un compte dans une institution financière (%) (age: 15+) - (2014 vs 2017): n/a
Crédit dédié à l'agriculture (Agriculture, foresterie et pêche) / Part de l'agriculture dans le PIB (2015): n/a
Stratégies d'inclusion financière: n/a
Crédit domestique fourni par le secteur financier (% du PIB) - 2017: n/a
Paiements numériques effectués ou reçus au cours de l'année précédente (% age 15+) (2014 vs 2017): n/a
Transferts d'argent reçus en % du PIB - 2017: n/a
Taux d'intérêt hypothécaire / Durée du prêt hypothécaire (années): 9.5% | 25 ans

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