Aperçu du secteur financier

Paysage économique

Le Botswana a connu une croissance rapide et une transition économique remarquable pour se hisser au rang des pays exemplaires en termes de performance économique en Afrique. Parti du statut de pays pauvre au moment de son indépendance en 1966, le Botswana est devenu un pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure au cours des 50 dernières années. Ce succès peut être attribué à la présence d'institutions démocratiques fortes, à une gestion économique efficace et prudente des ressources du pays, en particulier l’utilisation rationnelle des revenus du diamant dont le Botswana est le premier producteur mondial en valeur. La croissance économique moyenne du PIB s’est affichée à 4,88% entre 2010 et 2017, bien supérieure à celle de l’Afrique subsaharienne (3,87%). Le principal moteur de la croissance du Botswana reste l’extraction et la transformation des diamants destinés à l’exportation (88% des exportations en 2016), même si la contribution du secteur minier au PIB a fortement diminué, passant de 47% en 1986 à environ 20% en 2017. Malgré les efforts de diversification de l’économie, la base économique reste étroite et la croissance n’a pas été suffisamment inclusive. Un Plan National de Développement, le NDP 11, couvrant la période allant d’avril 2017 à mars 2023, a été préparé pour guider le développement économique à moyen terme du pays. Le NDP 11 est le premier programme pluriannuel à mettre en œuvre la Vision 2036 (lancée en septembre 2016 et définissant une feuille de route pour les 20 prochaines années), sous le thème : « Croissance inclusive pour la réalisation d'emplois durables et l'élimination de la pauvreté ». Le Botswana bénéficie d’un environnement des affaires jugé favorable malgré le recul observé dans les classements Doing Business de la Banque mondiale. Sur 190 pays, le Botswana est classé 86ème en 2018 contre 52ème en 2010, soit une perte de 34 places. Selon le classement sur la compétitivité dans le monde réalisé par le Forum économique mondial, le Botswana occupe la 90ème place en 2017 sur 140 économies, contre la 76ème place en 2010, soit une perte de 14 places.

Vue d’ensemble du secteur financier

En fin 2017, le secteur comprenait 10 banques commerciales, 2 banques publiques de taille relativement petite et une société de construction fournissant des services de financement immobilier et bancaire. Toutes les banques commerciales sont à capitaux majoritairement étrangers et comprennent des filiales de groupes panafricains. Le secteur non-bancaire comprenait 8 compagnies d’assurance vie, 11 compagnies d’assurance non-vie, 3 compagnies de réassurance, 86 fonds de pensions et 214 micro-prêteurs. 3 opérateurs de téléphonie mobile exercent dans le cadre de licence d’exploitation 3G et 4G/LTE, et offrent des services de mobile money.

Le secteur financier botswanais est relativement bien développé. Le crédit accordé par les banques commerciales s’est établi à 31,1% du PIB en 2017, largement au-dessus de la moyenne sub-saharienne (21,3%), mais inférieur à celle des pays à revenu intermédiaire, tranche supérieure (47,9%). Les actifs des fonds de pension ont atteint 47,1% du PIB en 2017, en hausse de 18% malgré la baisse relative par rapport à 2016. Le nombre de déposants dans les banques commerciales a augmenté de 53,3% entre 2010 et 2017 pour atteindre un effectif de 1 012 482. Les comptes de « mobile money » enregistrés sont passés de 3 812 en 2010 à 1,43 millions en 2016.

La surveillance des banques, conduite par la Banque centrale, se fait par le biais d'un système de relevés mensuels et trimestriels, d'une supervision axée sur les risques, de contrôles sur site, des réunions consultatives trilatérales avec les banques et leurs auditeurs externes. Les autorités prévoient le renforcement de la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme (LAB/FT) et une meilleure application du protocole relatif à l’identification du client (KYC, Know Your Customer).

L’autorité de régulation du secteur financier non-bancaire est la NBFIRA (Non-Bank Financial Institution Regulatory Authority).

Secteur bancaire

Structure du marché bancaire - 5 banques détenaient 89,5% du total des actifs en 2017, un niveau légèrement inférieur aux 90% atteints en 2016. Le taux de bancarisation de la population de 15 ans et plus est passé de 76,5% en 2016 à 84,4% en 2017, et le nombre de comptes bancaires est passé de 1,17 millions en 2016 à 1,32 millions en 2017, soit une hausse de 12%. Les actifs du secteur bancaire sont dominés par la part des banques commerciales (privées) qui a atteint 83 468 millions Botswana Pula (BWP) en 2017 contre 3 607 millions pour les banques statutaires (publiques). Les actifs des banques commerciales ont, malgré leur évolution erratique, maintenu un niveau supérieur à 45% du PIB, et à 55% du PIB hors secteur minier (PIB HSM) entre 2010 et 2017.

Structure des crédits et dépôts du secteur bancaire - Les prêts et avances des banques commerciales ont continuellement augmenté, passant de 22 122,1 millions BWP en 2010 à 54 181,1 millions BWP en 2017, soit un croissance moyenne annuelle de 13,65%. Ils ont toutefois baissé depuis 2016 pour atteindre 36,7% du PIB HSM en 2017. Cette baisse s’expliquerait en partie par le ralentissement de la croissance HSM et par une hausse des crédits non performants. Il sont constitués à 80% en moyenne par les crédits à moyen et long terme. Les prêts et avances sont essentiellement alloués aux ménages qui ont reçu en moyenne 63% des prêts et avances. Les dépôts bancaires ont graduellement augmenté en valeur nominale, passant de 40 422,1 millions BWP en 2010 à 63 581,2 millions BWP en 2017, soit une hausse de 57% sur la période. Ils sont dominés par les dépôts à vue dont la part est de 73% en moyenne (27% pour les dépôts à terme). Les entreprises privées détiennent la majorité des dépôts (62,7% en moyenne) et les ménages un peu moins du quart (21,6%).

Solidité financière du secteur bancaire - Le cadre relatif aux accords de Bâle II a été adopté et sa mise en œuvre est effective depuis le 1er janvier 2016. Le secteur bancaire est bien capitalisé et les ratios d’adéquation des fonds propres (15%) et de solvabilité de base Tier I (4,5%) sont restés conformes aux minima réglementaires. La qualité des actifs subit toutefois une détérioration progressive depuis 2013, en raison des prêts non-performants. Bien qu’ils se soient maintenus au-dessus du maximum réglementaire fixé (2,5%), ils ont progressivement évolué au fil des années, passant de 2,6% en 2012 à 5,3% du total des prêts bruts en 2017. La hausse des prêts non-performants fait suite à des difficultés rencontrées par certaines entreprises dans les secteurs minier, manufacturier et parapublique, entrainant des pertes d’emploi et de capacité de remboursement des ménages. Les prêts non-performants sont imputables à au moins 50% aux ménages. Les banques sont toutefois restées rentables, malgré la baisse tendancielle des rendements. Le ratio de liquidité (actifs liquides/total des dépôts) est également resté conforme au minimum réglementaire (10%) entre 2010 et 2017.

Taux d’intérêt créditeurs et débiteurs - Entre 2010 et 2017, les taux moyens débiteurs ont graduellement baissé, reflétant la baisse des taux directeurs, en liaison avec la mise en œuvre d’une politique accommodante visant à soutenir une croissance plus forte de la production. Les taux moyens créditeurs ont aussi continuellement baissé sur la même période.

Inclusion financière

Plusieurs mesures sont mises en œuvre par les autorités pour le développement de l’inclusion financière. La feuille de route (2015-2021) pour l'inclusion financière au Botswana établit le développement de l’écosystème des moyens de paiement comme une priorité essentielle dans le renforcement de l’inclusion financière. Le Botswana présente un niveau d’inclusion financière nettement supérieur à la moyenne de l’Afrique subsaharienne, au regard des données du Global Findex 2017. Toutefois, l’inclusion financière a faiblement, voire négativement progressé entre 2014 et 2017, pour la majorité des indicateurs retenus. Alors que des progrès notables ont été réalisés en matière de mobile money (17,3%) et d’accès à Internet (66,6%), les contre-performances se sont davantage accentuées au niveau du taux d’épargne (-32,3%) et d’emprunt (-49,4%) dans une institution financière. Cette faible performance s’expliquerait en partie par un ensemble de barrières à l’accès et à l’usage des services financiers. L’un des obstacles majeurs serait le bas niveau de revenu entravant l’accès aux services financiers formels, auquel s’ajoutent la méconnaissance des produits financiers et la mauvaise compréhension de leurs modes de fonctionnement. Les difficultés relatives à la documentation pour l’ouverture des comptes et l’accès limité aux succursales et réseaux de distribution constitueraient aussi des obstacles. Selon FinMark Trust, seulement 54% de la population vit dans des zones géographiques abritant des succursales bancaires, et environ 30% de la population habite dans des zones qui ne disposent d’aucune institution officielle (banques, bureaux de poste ou agences de mobile money). Les besoins limités en produits d’assurance s’expliquent par l’existence de structures communautaires dont les contributions, en nature ou en espèces, seraient substantielles, particulièrement pour des cas de décès. Les coûts élevés, en particulier ceux des produits d’assurance, constituent également une entrave à l’inclusion. Le bas niveau de plafonnement imposé aux soldes des comptes mobiles (4 000 BWP) et aux paiements mobiles quotidiens, ainsi que les coûts de transaction élevés, découragent les paiements par le canal du mobile money. L’augmentation progressive de ce plafond, le renforcement de la supervision des comptes mobiles et la possibilité d'interopérabilité entre les réseaux mobiles, comptes bancaires et autres mécanismes de paiement, réduiraient les coûts pour les ménages à faible revenu.

Secteur de la microfinance

Le secteur de la microfinance est caractérisé par la prédominance des activités de prêt qui, en 2017, comprenaient 324 prêteurs non bancaires, dont 214 micro-prêteurs, 29 sociétés de financement, 5 sociétés de crédit-bail et 76 prêteurs sur gages. Une seule institution de microfinance acceptant les dépôts exerce dans le secteur. En outre, il existe 52 coopératives d'épargne et de crédit qui totalisent des avoirs estimés à 0,5 milliard BWP en 2016). Ces dernières ne seraient soumises à aucune réglementation prudentielle. Conformément à la loi NBFIRA, la supervision du secteur est conférée à l’Autorité de régulation des institutions financières non-bancaires dont le pouvoir s’étend à l’octroi ou au retrait d’agréments aux micro-prêteurs. Des autorisations sont délivrées aux prêteurs sur gages, aux sociétés de financement ou de crédit-bail afin de leur permettre de mener leurs activités, dans l'attente de la promulgation d’une législation pertinente.

Financement des PME

Les PME sont confrontées à une multitude de problèmes occasionnant un taux élevé de faillite. Environ 70% des PME au Botswana tombent en faillite au cours des 18 premiers mois d'exploitation, le taux d'échec global étant d'environ 80%. Au nombre des difficultés rencontrées par les PME figurent, entre autres, l’absence d’un environnement réglementaire favorable, le manque de financement, des coûts prohibitifs pour acquérir et utiliser efficacement une technologie appropriée et des compétences managériales limitées. Pour le financement des PME, les autorités ont mis en place des mesures ciblées à travers plusieurs agences et initiatives, dont, entre autres, l'autorité locale des entreprises (LEA), l'Agence de développement des entreprises citoyennes (CEDA) et l’Association des propriétaires d’entreprises textiles et de petite taille (BOTSBOA). L'Agence de développement des entreprises citoyennes (CEDA) propose par exemple une approche globale du développement et de la promotion d'entreprises viables détenues par des nationaux, par le biais d’une assistance financière sous forme de prêts à des taux d’intérêt subventionnés, d’une formation complémentaire aux entreprises et de services de mentorat pour renforcer la durabilité de ces entreprises. Un fonds de capital-risque a récemment été créé dans le but de faciliter le financement de projets pouvant appartenir à la fois à des intérêts locaux et à des intérêts étrangers.

Finance numérique

Le nombre de guichets automatiques a progressivement augmenté, passant de 391 en 2010 à 497 en 2017. Le Botswana dispose des principales infrastructures de marché financier (IMF) telles que le système de règlement interbancaire (BISS), la chambre de compensation automatisée (BACH) et le Dépositaire central des valeurs mobilières (CSD). Une inspection de contrôle du BISS a été menée en octobre 2017 et les conclusions préliminaires ont révélé que ce système est largement conforme aux normes internationales relatives aux infrastructures des marchés financiers. En janvier 2019, les pouvoirs publics ont adopté une loi portant sur la réglementation des services de paiement électroniques. Le système de paiement en ligne est opérationnel et en pleine évolution. Des services de mobile money sont offerts par 3 opérateurs. Selon l’Autorité de régulation, les services de téléphonie mobile seraient utilisés à 40% pour la communication et 15% pour le paiement des factures. L’envoi et la réception de fonds correspondraient respectivement 40% et 5% de l’utilisation de la téléphonie mobile. Le nombre de transactions financières mobiles est passé de 1,75 million en 2013 à 2,52 millions en 2014 pour un volume monétaire total de 498 millions BWP.

Secteur des assurances

Au 31 mars 2018, le secteur des assurances du Botswana comptait 22 sociétés d’assurance dont 8 sociétés d’assurance vie, 11 pour l’assurance non-vie et 3 en réassurance non-vie). Il est également composé de 9 fonds d’aide médicale et 267 intermédiaires (incluant 57 courtiers et 210 agents de sociétés) et 2470 représentants individuels. Le taux de pénétration du secteur des assurances est de 3% et le total des primes brutes atteignaient 5,1 milliards BWP en 2017. Le total des passifs représentait 84% du total des actifs, tandis que les fonds propres représentaient 15,9% du total des actifs détenus en 2017, contre 17,9% en 2016. Le secteur des assurances est dominé par l’assurance vie représentant environ 69% des primes brutes émises, devant l’assurance non-vie (28,5%) et la réassurance (2,5%). Les contrats d’assurance vie et viagère représentent 99,9% des primes brutes de l’assurance vie (le reste étant réparti entre l’assurance longue durée et l’assurance-maladie permanente). L’assurance non-vie est dominée par la branche automobile représentant 34% de primes brutes émises dans cette branche, suivie par l’immobilier (33%). L'Autorité de Régulation des Institutions Financières Non-Bancaires (NBFIRA) établie en 2006 supervise et réglemente le secteur. Il n’existerait actuellement aucune législation relative à l'aide médicale à l’exception de dérogations émises autorisant l'activité d'assistance médicale, dans l’attente de la promulgation du cadre réglementaire s’y rapportant. La création du NBFIRA a permis une amélioration significative de la surveillance du secteur des assurances, notamment par la transition vers une réglementation axée sur les risques, bien au-delà de celle axée uniquement sur la conformité. Le capital minimum requis est de 2 millions BWP pour les sociétés d’assurance (assureurs/réassureurs) et 30 000 BWP pour les courtiers. Les agents de sociétés ne seraient tenus par aucune obligation de capital minimum statutaire.

Marché des capitaux

Au 31 mars 2018, le marché de capitaux comprenait 2 organismes infrastructurels (le dépositaire central des titres et la Bourse des valeurs mobilières), 5 centres internationaux de services financiers accrédités (CISF) et 57 institutions d’investissement pour les organismes de placements collectifs, auxquels s’ajoutent des gestionnaires d’actifs, des entreprises de gestion d’actifs, des courtiers et des conseillers en placement. Le bilan consolidé des CISF fait ressortir un renforcement des actifs qui ont enregistré une augmentation de 11%, financée par une combinaison des passifs et de fonds propres qui ont augmenté respectivement de 18% et 6%. Les actifs se sont établis à 10 460 millions BWP en 2017 (contre 9 406 millions en 2016), les passifs et fonds propres s’étant établis respectivement à 4 785 et 5 675 millions BWP. Les actifs du marché boursier ont augmenté de manière significative et continue pour atteindre environ 64 milliards BWP en 2016 contre 31 milliards en 2012. Les introductions en Bourse entre 2010 et 2017 ont permis de lever 211 millions USD. Le total des actifs sous gestion des institutions d’investissement a atteint 52,5 milliards BWP en 2017, dont 14% détenus par les organismes de placement collectifs et 86% par les organismes de placement non-collectifs.

Sécurité sociale

Le Botswana a une combinaison de programmes de protection sociale universelle et ciblée. Ces régimes non contributifs mais conditionnés à la citoyenneté botswanaise sont entièrement supporté par le gouvernement qui fournit des transferts en espèces ou quasi-espèces représentant entre 4% et 4,5% du PIB. Au 31 mars 2018, il existait 86 fonds de retraite autorisés et le nombre total de membres des fonds de retraite était de 259 301. Les fonds de retraite maintiennent une position financière saine, le revenu étant supérieur aux dépenses. Le secteur contribue de façon significative à l’économie du Botswana, le total des avoirs des fonds de retraite atteignant 45% du PIB en 2017. Les avoirs détenus par ces fonds au 31 décembre 2017 valaient 82 milliards BWP contre 75,1 milliards BWP en 2016, soit une croissance de 9,2%.

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Source

En bref

Population (2017): 2 291 660
PIB par habitant (USD courant) - 2017 - (Moyenne mondiale:10 721,61): 7 595,61
Population détenant un compte dans une institution financière (%) (age: 15+) - (2014 vs 2017): 52% | 51%
Crédit dédié à l'agriculture (Agriculture, foresterie et pêche) / Part de l'agriculture dans le PIB (2015): 0,98 | 1,11
Stratégies d'inclusion financière: • Financial Inclusion Roadmap and Strategy 2015-2021 EN• SADC Financial Inclusion Strategy 2016-2021 EN
Crédit domestique fourni par le secteur financier (% du PIB) - 2017: 17,05
Paiements numériques effectués ou reçus au cours de l'année précédente (% age 15+) (2014 vs 2017): 42% | 42%
Transferts d'argent reçus en % du PIB - 2017: 0,0012
Taux d'intérêt hypothécaire / Durée du prêt hypothécaire (années): 8,42% | 25 ans

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