Ile Maurice: Services bancaires - Excès de liquidités, véritable casse-tête pour le gouvernement

23 mai 2019 | L'express; All Africa

Rien que pour l'année financière 2017-2018, l'excès de liquidités a fait perdre Rs 587 millions à la Banque centrale.

Véritable casse-tête pour la Banque de Maurice qu'est l'excès de liquidité, ce phénomène du marché monétaire qui se manifeste par une situation où le système bancaire se retrouve avec plus de liquidité qu'il n'en a besoin. Ce phénomène se situe tant au niveau de la roupie qu'à celui de la circulation des devises sur le marché local. Il a fait perdre à la Banque centrale quelque Rs 587 millions pour l'exercice 2017/2018.

C'est un phénomène qui colle véritable- ment aux basques de l'organisme régulateur du secteur des services bancaires. Ce n'est donc pas un hasard que, dans son discours en marge de la présentation du rapport financier annuel de l'institution pour l'exercice 2017/2018, le gouverneur Yandraduth Googoolye en fait le principal élément de la liste des préoccupations courantes.

«Avant toute chose, nous avons pris les mesures appropriées pour neutraliser les effets de l'excès de liquidité» qui, dit-il, «constituent un véritable obstacle à la bonne marche des orientations dégagées par la Banque en matière de politique monétaire.»

Le gouverneur n'a pas manqué de souligner comment l'excès de liquidité auquel est confronté le secteur des services bancaires représente un souci aux yeux du Fonds monétaire international qui, dans le cadre des attributions de l'article IV de ses statuts, lui permet d'exercer une surveillance rapprochée de l'évolution de la politique monétaire des pays qui en sont membres.

Les dernières données publiées le 20 mai dans la dernière édition du Monthly Statistical Bulletin de la Banque de Maurice viennent renforcer la thèse que l'excès de liquidité est un phénomène qui n'est pas prêt de disparaître.

Du 26 avril 2018 au 25 avril de cette année, l'excès de liquidité au niveau des banques est passé de Rs 6,9 milliards à Rs 9,7 milliards. Soit une augmentation de Rs 2,7 milliards ou une hausse de 39,4 %. Le calcul résulte de la différence entre le minimum de liquidité que les banques sont tenues de conserver et le montant dont elles disposent effectivement. La moyenne se situe entre un minimum de 10,87 % et un maximum de 13,18 %. Le montant le plus élevé de l'excès de liquidité (Rs 15,8 milliards) a été enregistré en décembre dernier. Si le minimum requis par la Banque était de Rs 34,1 milliards, au final les banques se sont retrouvées avec la bagatelle de Rs 49,8 milliards.

En tant qu'organisme régulateur du secteur bancaire chargé de veiller à la stabilité des prix, la Banque de Maurice est obligée de par ses fonctions d'intervenir. Cela, afin d'éviter que la monnaie locale ne perde de sa valeur, que ce soit pour des transactions impliquant des échanges sur la base de la roupie elle-même soit dans le cadre des transactions nécessitant obligatoirement que la roupie soit échangée contre des devises étrangères, principalement le dollar américain, l'euro, devise des pays de la zone euro, ou encore la livre sterling, celle du Royaume-Uni.

«La montée en flèche du surplus de liquidité est sans doute liée aux transformations que le pays a connues et qui n'ont pas épargné le secteur monétaire non plus.»

Pas plus tard qu'hier, la Banque de Maurice est intervenue sur le marché de change dans le but d'éponger l'excès de dollars amé- ricains sur le marché. C'est ainsi qu'elle a offert de vendre le billet vert à Rs 35,30 alors que sur le marché ouvert, le dollar s'échangeait à Rs 35,84, soit au même prix de la veille... Lire davantage sur All Africa

Source: All Africa